La date limite pour recevoir les réponses aux questions sur le français à Montréal soumises par le MMF aux candidats à la mairie de Montréal était le 27 octobre 2009.
Seul Richard Bergeron de Projet Montréal a daigné répondre!
L'enjeu du français a Montréal est-il insignifiant aux yeux des candidats Gérald Tremblay d'Union Montréal, et Louise Harel de Vision Montréal?
Voici les réponses de Richard Bergeron :
Monsieur,
Nous avons bien reçu le questionnaire que vous nous avez transmis la semaine dernière et nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre formation politique. Votre sensibilité à l'égard de la question linguistique est tout à fait légitime, ce pourquoi il nous fait plaisir de répondre favorablement à votre demande et vous prions de bien vouloir trouver ci-après nos réponses.
Richard Bergeron
1. Prenez-vous l’engagement d’élaborer une politique linguistique pour la Ville de Montréal et de la déposer à l’Office québécois de la langue française afin qu’elle soit en tout point conforme à la Charte de la langue française?
Montréal est et doit rester la métropole de langue française d'Amérique du Nord. Une administration Projet Montréal veillera à préserver ce statut tout en restant vigilant à l'égard des droits des minorités qui y vivent, nous nous y engageons.
Vous le savez, depuis la création de Projet Montréal, nous avons fait le choix d'agir invariablement dans le cadre des règles de droit. D'ailleurs, sur le plan financier cela s'est même traduit par l'adoption de règles encore plus contraignantes que celles définies par la loi électorale.
Ainsi, il nous semble évident qu'en matière de langue, une administration Projet Montréal appliquera rigoureusement les dispositions incluses dans la charte de la ville, la charte de la langue française et la Loi 101. L'application de ces mesures sera déjà un pas majeur vis-à-vis du laxisme actuel. Toutefois, ultimement, il revient au Gouvernement du Québec d'aller éventuellement plus avant sur le sujet.
2. La Ville de Montréal doit-elle respecter l’article 15 de la Charte, prescrivant que l'Administration rédige et publie dans la langue officielle ses textes et ses documents?
Nous nous permettons d’insister sur le caractère légaliste des actions qu’entreprendrait une administration Projet Montréal. À cet égard, nous appliquerons donc scrupuleusement le Chapitre IV du Titre I de la Charte de la langue française relatif à la langue de l’administration.
3. Que comptez-vous faire pour que les messages d’accueil téléphonique des services montréalais soient conformes aux recommandations de l’OQLF?
Les préconisations de l’Office Québécois de la Langue Française sont claires, à savoir que « le personnel de l'Administration s'adresse en français au public, au téléphone ou en personne. Les messages enregistrés sont en français; ils peuvent aussi être dans une autre langue s'ils sont accessibles distinctement ».
Nous reconnaissons donc le « rôle exemplaire et moteur [de l’Administration] dans l'application de la Charte de la langue française » tel que défini au L.R.Q., c. C-11, et cela passe donc par les communications téléphoniques.
Nous sommes donc plus que réceptifs à la proposition dudit office selon lequel « le message d’accueil en français soit, de préférence, entendu au complet avant que l’accès à un message dans une autre langue ne soit donné ».
4. Que comptez-vous faire pour défendre et promouvoir le droit de travailler des employés de la Ville de Montréal?
Rien, sur le plan juridique, n’autorise une telle exigence et il est évidemment anormal que des francophones unilingues soient exclus de certains emplois.
Toutefois, il faut reconnaître que certaines fonctions impliquent une maîtrise partielle ou totale de l’anglais pour diverses raisons (géographiques, techniques, sociales, etc.). Cette exigence, dans les fiches de postes, doit relever avant tout du bon sens sans tomber dans l’impératif absolu du bilinguisme.
5. Est-ce qu’un service de traduction devrait être offert afin que le droit de participer aux débats en français au conseil municipal (et donc de comprendre ce qui s’y dit) soit respecté pour les citoyennes et les citoyens de Montréal?
Depuis plusieurs mois, les débats au Conseil municipal ne sont plus accessibles librement au public. En effet, en plus d’un exécutif qui siège dans le plus grand des secrets, les citoyens doivent se résigner à assister aux débats retransmis dans le hall de l’Hôtel de ville.
Ce désaveu à l’égard du principe de confiance qui doit régner entre représentants et électeurs peut toutefois se transformer en outil précieux pour mettre en place votre requête et restaurer la confiance. En effet, cette télédiffusion pourrait permettre une traduction simultanée des échanges selon des modalités à déterminer sur le plan technique (sous-titre, voix superposée).
Nous nous permettons d’ailleurs de vous préciser que, dans un effort de transparence, nous rendrons obligatoire, y compris pour le comité exécutif et les commissions permanentes, de siéger en public et de télédiffuser leurs débats, sauf dans les cas prévus par le règlement de la Ville (engagement 1.7 de notre programme pour une relance durable).
6. Que comptez-vous faire pour renforcer le visage français de la métropole du Québec?
Le programme de Projet Montréal s’inscrit dans une stricte vision municipale des débats et nous convenons qu’il n’est pas de notre ressort d’agir sur certains aspects qui sont de la seule responsabilité du Gouvernement provincial.
La question linguistique est préoccupante à Montréal et notre parti reconnaît les difficultés que cette situation implique pour la cause du français; mais cela emporte aussi des conséquences sur le bon fonctionnement de notre administration et les services aux citoyens... « Montréal est une ville de langue française », tel est le principe posé par la charte de la ville. Toute autre langue employée ne doit l’être que de façon exceptionnelle.
Par ailleurs, depuis plusieurs décennies, nous croyons que l’image de notre ville s’est notablement dégradée sur la scène internationale. Nous souhaitons donc vivement entreprendre une politique de rayonnement international qui replacerait Montréal parmi les villes les plus attirantes au monde. Il est impératif que Montréal se repositionne.
L’an dernier, la ville de Québec accueillait le XIIe sommet de la francophonie. En agissant de la sorte sur des évènements similaires, la ville de Montréal pourrait ainsi se positionner en tant qu’ardente défenderesse du français dans le monde.
Plus que métropole du Québec, Montréal doit être perçue comme la deuxième métropole francophone au monde et en être fière.
7. Êtes-vous disposé à faire respecter les pratiques d’affichage de la Société de transport de Montréal dans le service de vélos en libre-service en francisant l’affichage des services BIXI?
Plus largement que la seule question du Bixi, il nous semble évident que la ville doit respecter une certaine uniformité dans ses pratiques linguistiques. Certaines expériences réussies (comme celle de la STM à laquelle vous faites référence) ainsi que les dispositions légales mentionnées, sont autant de balises qu’il nous faudra suivre.
8. Que pensez-vous de l’idée qu’en accordant un permis à un commerce, la Ville remette un dépliant expliquant que Montréal est la métropole française des Amériques et exhorte les nouveaux commerçants à respecter la Charte de la langue française?
Bien que cela devrait être une évidence, nous trouvons l’initiative intéressante. En ce sens, elle complètera la campagne « Ici, on commerce en français » qui avait été déployée par l’OQLF et qui souffrait de l’absence de pédagogie. Conserver le caractère français de notre ville ne peut se faire par de simples slogans.
9. Montréal est la métropole française des Amériques. Quelles décisions comptez-vous prendre pour développer cette image de marque de Montréal? [Déjà abordé au titre de la question 6, nous nous permettons de réitérer notre réponse.]
Le programme de Projet Montréal s’inscrit dans une stricte vision municipale des débats et nous convenons qu’il n’est pas de notre ressort d’agir sur certains aspects qui sont de la seule responsabilité du Gouvernement provincial.
La question linguistique est préoccupante à Montréal et notre parti reconnaît les difficultés que cette situation implique pour la cause du français; mais cela emporte aussi des conséquences sur le bon fonctionnement de notre administration et les services aux citoyens... « Montréal est une ville de langue française », tel est le principe posé par la charte de la ville. Toute autre langue employée ne doit l’être que de façon exceptionnelle.
Par ailleurs, depuis plusieurs décennies, nous croyons que l’image de notre ville s’est notablement dégradée sur la scène internationale. Nous souhaitons donc vivement entreprendre une politique de rayonnement international qui replacerait Montréal parmi les villes les plus attrayantes au monde. Il est impératif que Montréal se repositionne.
L’an dernier, la ville de Québec accueillait le XIIe sommet de la francophonie. En agissant de la sorte sur des évènements similaires, la ville de Montréal pourrait ainsi se positionner en tant qu’ardente défenderesse du français dans le monde.
Plus que métropole du Québec, Montréal doit être perçue comme la deuxième métropole francophone au monde et en être fière.
10. Selon vous, quelles autres mesures concrètes la Ville de Montréal doit-elle appliquer dans ses sphères de compétence pour contribuer à prévenir l’anglicisation?
Une fois élus le 1er novembre, Richard Bergeron et son équipe se feront un plaisir de vous rencontrer afin d’étudier les différentes pistes que nous pourrions envisager sur cette question.
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